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La rédaction des pages médicales de ce site est réalisée par un des médecins du centre Oculus (signifié en bas de chaque page). Le rédacteur s’attache à ce que l’information délivrée soit la plus utile, la plus honnête et la plus consensuelle possible au moment de la rédaction de l’article (date stipulée également en bas de page). Cependant nous nous attachons aussi à ce que l’information corresponde effectivement à ce qui est réalisé dans notre centre. Certaines stratégies thérapeutiques, certains choix, certains avis (notamment sur des produits (implants,…) ou des médicaments commercialisés) peuvent donc être différents suivant le médecin consulté tant dans notre centre qu’ailleurs. Il ne s’agit en aucun cas d’une information exhaustive ou personnalisée, et même le médecin rédacteur peut avoir une stratégie différente de celle décrite face à votre cas personnel et/ou en fonction des évolutions scientifiques entre la rédaction de l’article et votre consultation.


Qu’est-ce qu’un trou maculaire ?

     Le trou maculaire est une affection qui touche la macula, région d’un à deux millimètres située au centre de la rétine. Dans cette petite zone se trouve la plus grande concentration en cellules visuelles, c’est pourquoi c’est la macula qui permet la vision fine pour lire, écrire ou conduire, le reste de la rétine assurant la vision beaucoup plus floue du champ visuel périphérique.

     Ce trou serait dû au vieillissement du corps vitré (substance transparente et gélatineuse qui remplit l’œil en arrière du cristallin) qui, en rétrécissant, peut tirer sur le tissu fin de la macula provoquant une déchirure qui peut éventuellement former un trou. D’autres théories évoquent un problème de micro-circulation rétinienne.

     Parfois, une contusion sévère du globe peut causer un trou maculaire. On ne connaît aucun problème médical particulier à l’origine des trous maculaires.

     Les trous maculaires, les membranes épi-rétiniennes et la dégénérescence maculaire liée à l’âge ont des symptômes semblables car touchant la même partie de la rétine, la macula. Ces pathologies sont toutes plus fréquentes chez les personnes de 60 ans et plus.

     Un trou maculaire évolue selon quatre stades :

  • Stade I : décollement de la fovéa. On traite rarement à ce stade. Si on ne traite pas, environ 10% des trous maculaire évoluent.
  • Stade II : trou maculaire partiel. A ce stade,  70 à 90 % des trous maculaires progressent.
  • Stade III : trou maculaire de pleine épaisseur. La majeure partie de la vision centrale et détaillée peut être perdue. Sans traitement,la perte visuelle devient définitive.
  • Stade IV :trou maculaire de stade III associé à un décollement du vitré

La taille du trou (plus ou moins de 400microns)  ainsi que l’ancienneté du trou sont également pris en compte.


Quels sont les symptômes ?

     Les patients peuvent présenter différents symptômes qui peuvent survenir tous ou bien de manière isolée :

  • Baisse de la vision,
  • Gène à la lecture, déformation des lignes (métamorphopsies),
  • Tâche sombre au centre du champ visuel  (scotome central)

     Cette affection n’entraîne jamais de perte totale de la vue.

     Lors de votre consultation, le fond d’œil permet de visualiser directement le trou maculaire. Un examen OCT est indispensable quant à lui pour obtenir des images en coupe du trou maculaire et pour en mesurer sa taille et son stade.

Comment se traite le trou maculaire ?

     Le plus souvent, une chirurgie est nécessaire (Stade II,III,IV) afin d’améliorer la vision lorsque les symptômes du trou maculaire deviennent handicapants dans la vie quotidienne. Il est possible plus rarement (Stade I, stade II débutant) qu’ils se referment tout seuls, sans traitement particulier.

     La technique chirurgicale traitant les trous maculaires s’appelle une vitrectomie ; elle consiste à retirer l’humeur vitrée pour l’empêcher de tirer sur la rétine. Après la vitrectomie, le chirurgien retire les couches de tissus malsains en surface de la rétine à l’aide de micro-instruments (retrait d’une éventuelle membrane épi rétinienne et de la limitante interne). Le corps vitré est ensuite remplacé par une bulle contenant un mélange d’air et de gaz. La bulle joue le rôle d’un bandage interne temporaire, qui maintient les bords du trou maculaire en place pendant sa guérison. La chirurgie est réalisée sous anesthésie locale ou générale et ne nécessite qu’une journée d’hospitalisation. A noter que lorsqu’une cataracte est présente en même temps que le trou maculaire, une chirurgie combinée cataracte + trou maculaire peut être proposé au patient.

     Après la chirurgie, les patients doivent rester « face vers le sol » (tête penchée en avant), normalement pendant huit à dix jours. Cette position permet à la bulle d’appuyer contre la macula et les bords du trou refermant ainsi le trou. La bulle résorbe spontanément en 10 à 30 jours. A mesure que la bulle se résorbe, la cavité vitréenne se remplit des liquides naturels de l’œil.

     Il est important de conserver une position inclinée vers le sol pour assurer l’efficacité de la chirurgie. Les personnes incapables de rester dans cette position pendant une telle durée ne sont pas de bons candidats pour le tamponnement par gaz ; elles peuvent avoir recours au tamponnement par silicone. Dans ce dernier cas, les patients évitent la position inclinée vers le sol, mais une seconde vitrectomie est nécessaire pour retirer l’huile de silicone au bout d’un ou deux mois.

     L’amélioration de la vision est variable d’une personne à l’autre. Les patients atteints d’un trou maculaire depuis moins de six mois ont plus de chance de recouvrer la vision que ceux qui en souffrent depuis plus longtemps. La récupération de la vision peut se poursuivre pendant plus de six mois après la chirurgie.

Pour plus d’informations, vous pouvez visualiser la feuille d’information de la Société Française d’Ophtalmologie.

Rédaction : Docteur Pierre-Olivier LAFONTAINE le 15/06/2015. Dernier contrôle et modification le 22/11/2015.

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